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Compensation carbone

Compensation carbone

Un article de Encyclo-ecolo.com.

pollution


Sommaire

La compensation carbone


La compensation carbone s’inscrit au nombre des instruments à notre disposition pour lutter contre le réchauffement climatique, qui menace lourdement l’équilibre de notre planète. Celui-ci est dû à la présence croissante de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, liée aux activités humaines (production d’énergie, industrie, transport terrestre et aérien, chauffage, agriculture). Quand il n’est pas possible de réduire nos émissions, nous pouvons les compenser en finançant des projets qui réduisent celle d’une autre entreprise ou collectivité.

La « compensation carbone » permet à des pays ou à des entreprises fortement émetteurs de gaz à effet de serre de « compenser » leurs émissions sans les réduire. Comment ? Simplement en finançant des projets − notamment de préservation des forêts − dans d’autres pays, pour obtenir en théorie un bilan « neutre » au niveau des émissions globales [1]. C’est précisément ce que fait Pur Projet dans la région de San Martin, au Pérou, prétendument à la demande et au bénéfice des communautés locales

La compensation carbone, indulgences climatiques

Pour compenser ses émissions de GES (Gaz à effet de Serre) et réparer ses préjudices faits à l'environnment, il suffit de s'offrir un « crédit-carbone » via des ONG ou des entreprises spécialisées.

> Planetoscope : tous les chiffres sur les émissions de C02

Comment fonctionne la compensation carbone


De nombreux prestataires ont en effet vu le jour ces dernières années, vous proposant de calculer vos émissions et de les compenser en finançant divers projets écolo. Le principe est simple :

  • Vous calculez directement en ligne les émissions de GES issues de vos déplacements (voiture, avion, bus…), des consommations énergétiques de votre habitation ou encore de vos activités professionnelles.
  • Ce calcul vous permet de connaître le coût de vos émissions en euros.
  • Vous pouvez ensuite reverser ce montant pour financer des projets de réduction des émissions de GES ou de séquestration carbone (projets d’énergie renouvelable, d’efficacité énergétique ou encore de reboisement).

Ainsi, les émissions que vous produisez seront compensées par les réductions obtenues par le projet financé !

Modalités des calculs : vers une harmonisation ? Cependant il faut savoir que l’offre de compensation sur le net est de plus en plus importante et très hétérogène. Plus de 70 opérateurs ont été répertoriés dans les pays développés et de nombreuses divergences ont été soulignées sur :

  • Les modes de calculs des émissions en ligne,
  • Les prix de la tonne du CO2 qui peuvent varier du simple au quadruple. La compensation d’un vol Aller-retour Paris/new-York passe ainsi de 8 à 80 euros selon les opérateurs.
  • La qualité des projets soutenus et leur mode de contrôle (manque de transparence et de lisibilité dans certains cas).

Face à ce manque de cohérence, l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) a mis en place un site d'information et une Charte de "bonne conduite" qui visent à garantir la qualité et la fiabilité de la filière. Les signataires de la Charte s'engagent notamment à :

  • Utiliser les facteurs d’émission de l’outil Bilan Carbone pour les données de leur calculateur en ligne,
  • Mettre à disposition du public des informations transparentes sur les projets de compensation soutenus,
  • Faire appel à des organismes indépendants pour vérifier la réalité et la quantité des émissions évitées.


Les organisme de compensation carbone en France

Quatre organismes français de rachat des GES ont signé la Charte de l'Ademe, se partageant d'ailleurs l'essentiel du marché depuis 2005 :

  • L'association CO2 Solidaire lancée par le Geres (Groupe énergies renouvelables, environnement et solidarités) et qui propose de financer des projets dans des pays du Sud (Cambodge, Maroc, Afghanistan, Inde) dont elle est elle-même l’initiatrice.
  • L’association Action carbone créée par le photographe Yann Arthus-Bertrand (Good Planet) et dont les projets concernent la capture de CO2 par la végétation (projet de reforestation, lutte contre la déforestation…) ou les énergies renouvelables dans les pays du Sud.
  • L’entreprise Climat Mundi qui a la particularité de vendre des certificats de réduction d'émissions de CO2 sous forme de chèques cadeau ! Les projets qu’elle soutient concernent les énergies renouvelables (petite hydraulique en Chine et au Mexique) et la lutte contre la désertification (Erythrée).
  • L’entreprise EcoAct engagée dans des projets de reforestation en Amérique du Sud ou de construction de chambres froides au Burkina Faso. Bon à savoir… Malgré l’existence de la Charte, les tarifs sont encore très variables d’un opérateur à l’autre, chacun d’entre eux étant libre de fixer les prix qu’il souhaite.

Début 2008, la tonne de CO2 coûtait 15 euros chez Action Carbone, 19 euros chez Climat Mundi, 24 euros chez CO2 Solidaire et entre 15 et 20 euros chez EcoAct.

Si vous choisissez un opérateur qui est une association reconnue d'utilité publique, la somme que vous versez pour la compensation d’émissions de GES est considérée comme un don : vous recevez ainsi un reçu fiscal ouvrant droit à une réduction d'impôts correspondant à 66% de la somme versée.

La compensation carbone, un marché international

La compensation carbone a donné naissance à un marché international : celui des crédits carbone. Conséquence du Protocole de Kyoto, le principe d’une compensation des émissions de CO2 es fait par le financement de projets respectueux de l’environnement. Pour permettre à ce mécanisme de fonctionner, la tonne de dioxyde de carbone fait l’objet d’une véritable cotation et les acteurs du marché (Etats, entreprises) peuvent l’acheter ou la vendre au gré de leurs besoins…

Sur le plan international, une philosophie a inspiré la mise en place des projets MDP (Mécanisme de Développement Propre) et MOC (Mise en Œuvre Conjointe). Les premiers s’adressent aux Etats et aux industries des pays en voie de développement, les seconds aux pays industrialisés type Europe de l’Est. Toujours selon le principe des crédits carbone, ils permettent de financer des actions de réduction des émissions de GES.

Au total, les deux mécanismes ont permis de soutenir 854 projets distincts, pour 466 millions de tonnes équivalent CO2 et un montant de 5,4 milliards de dollars. C’est ainsi, par exemple, que la municipalité de Sao Paulo, au Brésil, a pu gagner 13 millions d’euros en revendant les crédits carbone économisés grâce à une centrale « écologique » qu’elle avait mise en place.

Le reste du marché est occupé par les opérations volontaires, c’est-à-dire celles ou les acteurs (entreprises ou institutions) se fixent volontairement des objectifs de compensation pour lesquels ils cherchent des investisseurs.


La compensation carbone est illusoire

Un article de Franck Dedieu dans l'Expansion de sept 2010, explique pourquoi la compensation carbone est un piège ... qui fonctionne bien au bénéfice de certain mais pas de la lutte contre le réchauffement climatique :

" Sur le circuit automobile de Melbourne, le 28 mars dernier, les pilotes de formule 1 pouvaient foncer la conscience tranquille. Le Grand Prix d'Australie avait prévu de "compenser" le gaz carbonique émis par les bolides. Concrètement, les organisateurs financeront des projets écologiques contribuant à réduire les émissions de CO2 à proportion de la pollution engendrée par la course. Idéal pour se racheter une conduite.

Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie, le photographe Yann Arthus-Bertrand et quelques stars du cinéma agissent de même quand ils prennent l'avion : 2 centimes d'euro par kilomètre parcouru serviront à planter des arbres, à remplacer des centrales à charbon par des fours solaires ou à bâtir des éoliennes. En réalité, ces nouvelles "indulgences" tiennent du gadget (voir le numéro spécial de Politis : "Voyager sans avion").

Une forêt plantée en 2010 ne sera efficace que dans 100 ans

D'abord, la compensation ne peut pas fonctionner à grande échelle. Pour l'instant, le "poids" du CO2 "capté" dans le monde par ce processus est de 50 000 tonnes, l'équivalent de toutes les émissions de deux régions françaises. Dans un monde de gentils "compensateurs", les bonnes volontés individuelles pourraient représenter, en 2020, au grand maximum 7 % des émissions de carbone, d'après les calculs de l'organisation Ecosystem Marketplace.

Les extrapolations du consultant Jean-Marc Jancovici, spécialiste de l'effet de serre, montrent que pour compenser les émissions de CO2 en excès, il faudrait planter des arbres sur 15 millions de kilomètres carrés. Ou reboiser quatre fois la superficie de l'Union européenne. "Cela implique de planter sur des terres agricoles. Bon courage pour le chef de projet", conclut Jancovici.

"Pour fixer les idées, en Europe de l'Ouest, sur la base d'une croissance économique de 2% par an, et en "laissant faire", les émissions de CO2 augmenteront de 50% d'ici 2020. Si l'on extrapole au reste du monde, dont la croissance est au moins aussi forte (les PVD sont plutôt entre 5 et 10%), et ce qui est cohérent avec les scénarios "hauts" du GIEC, cela signifie que pour compenser nos émissions de CO2 en excès, non contraintes par ailleurs, il faudrait planter des arbres sur des terres agricoles représentant entre un cinquième et un quart des terres émergées, c'est à dire....boiser quasiment l'intégralité des terres aujourd'hui cultivées dans le monde ! Un quart des terres émergées, c'est aussi l'équivalent des forêts actuelles."

Et cette "plantation" aurait en outre les caractéristiques suivantes :

  • elle ne servirait qu'à stabiliser la concentration atmosphérique du CO2, donc la perturbation apportée au climat par ce gaz, mais ne permettrait pas de la faire diminuer,
  • elle ne concernerait que le CO2 (65% des émissions de gaz à effet de serre),
  • une forêt cessant d'être un puits au bout d'un siècle, il faudrait recommencer l'opération tous les siècles si nous avons toujours recours aux sources fossiles* d'ici là, et donc boiser un quart supplémentaire des terres émerméges à partir de 2100 (sans déboiser celui déjà planté).

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Conscients de cette limite, les compensateurs se tournent maintenant vers le vent, et plantent des éoliennes. Un bon substitut, mais les hélices prennent aussi de la place : il faudrait 1,5 million de mâts. "Vu les espaces nécessaires à la compensation, les riches du Nord délocalisent leurs projets dans le Sud", regrette Augustin Fragnière, chercheur en sciences de l'environnement à l'université de Lausanne et auteur de La Compensation carbone : illusion ou solution ? (PUF). Un sérieux problème de place, mais aussi de temps : "Les compensateurs achètent des réductions de CO2 par anticipation. Une forêt plantée de nos jours captera du carbone dans un siècle."

Consommer aujourd'hui, compenser demain

"La compensation conforte les consommateurs dans leur philosophie hédoniste : ils brûlent aujourd'hui chez eux et réparent plus tard ailleurs", renchérit Augustin Fragnière. Et, un peu comme dans l'immobilier, financer un puits de carbone "sur plan" peut réserver de mauvaises surprises. Dans le cadre de sa tournée labélisée "neutre en carbone", en 2006, le groupe de rock Cold Play a financé la plantation d'une forêt de manguiers dans le sud de l'Inde. A cause du manque d'eau, elle ne piège que quelques grammes de carbone.

Il existe même de "faux" projets. Plus précisément, l'annonce de compensations qui, en réalité, ne sont que des projets déjà en cours de réalisation, alors que le mécanisme de la compensation implique une création ex nihilo.

Selon l'ONG International Rivers, 89 % des 400 projets hydroélectriques chinois présentés comme des initiatives de compensation étaient presque achevés. Autrement dit, la compensation n'est pour rien dans la conception de ces barrages. Elle profite surtout à leurs concepteurs, ravis de recevoir une aide. La compensation ne piège pas que le carbone."

Ecocert se lance dans la compensation carbone

ECOCERT déploie son expertise sur le marché volontaire de la compensation carbone, à l'échelle locale et internationale.

ECOCERT a dévoilé le 21 novembre 2013 ses nouvelles activités dans le secteur de la compensation carbone : déjà accrédité pour la vérification de projets de compensation internationaux selon VCS, Ecocert vient d'obtenir la reconnaissance du WWF pour le référentiel GOLD STANDARD. A l'échelle locale, Ecocert s'associe à l'ARPE pour le lancement du dispositif « CARBONE LOCAL » en Midi-Pyrénées.

Leader de la certification en agriculture biologique, ECOCERT considère la problématique de la préservation de l'environnement de manière globale. S'engager sur le marché de la compensation carbone s'inscrit dans la continuité de la démarche d'Ecocert :

« Pour encourager la réduction des émissions de gaz à effet de serre, ECOCERT a choisi d'apporter son expertise de certificateur indépendant sur un marché souvent controversé pour son manque de transparence. » - William Vidal, Président d'Ecocert.

  • Vérification de projets de compensation internationaux : VCS (Verified Carbon Standard) et GOLD STANDARD, les deux labels internationaux de référence pour la validation et la vérification des projets de compensation carbone de grande ampleur, ont accrédité Ecocert pour la vérification des projets dans ses domaines d'expertise : agriculture et forêt, énergie.

Ecocert est accrédité par VCS selon la norme ISO 14065 depuis mars 2013, pour la validation et la vérification de projets dans les secteurs « Agriculture, agroforesterie et gestion des sols », « Industries de l'énergie (d'origine renouvelable ou non) » et « Gestion et traitement des déchets ». En France, Ecocert est le seul organisme de certification proposant une expertise pour la validation et la vérification des projets de compensation en forêt/bois. Les 2 premières validations de projet ont été réalisées au Pérou (en agroforesterie) et en Inde (pour l'agriculture).

Ecocert vient également d'intégrer, en tant qu'expert, le comité consultatif du GOLD STANDARD, chargé de faire évoluer le cahier des charges sur l'agriculture et la forêt.

  • Accompagnement des initiatives locales : Ecocert est le partenaire des collectivités locales et des PME. Pour l'ARPE et le Conseil Régional Midi-Pyrénées, l'organisme accompagne la création d'un dispositif innovant en France : « CARBONE LOCAL », lancé lors d'une conférence commune le jeudi 21 novembre 2013 à Toulouse.

Pour la première fois en France, les entrepreneurs vont pouvoir compenser localement les émissions de gaz à effet de serre qui n'auront pu être évitées ou réduites dans l'exercice de leur activité. Ainsi, l'ARPE propose d'accompagner les acteurs locaux en les aidant à identifier des projets de compensation carbone sur le sol national et à proximité de leurs activités.

Les crédits « CARBONE LOCAL » pourront être délivrés après vérification par Ecocert.

  • Un déploiement stratégique cohérent pour ECOCERT  : Après l'inauguration de son nouveau siège, un bâtiment écologique à énergie positive qui marque une étape importante dans la vie de l'entreprise, Ecocert continue la diversification de ses activités en poursuivant le même objectif depuis sa création : limiter l'impact des activités humaines sur l'environnement.

Que ce soit par le biais de son nouveau label « En cuisine », dédié à la restauration collective bio, ou de la vérification de projets de compensation carbone, Ecocert se veut un outil au service de l'environnement. Des initiatives nécessaires et des exemples à multiplier, pour migrer vers une économie plus respectueuse des écosystèmes.

« La compensation carbone est un levier important, mais face à l'urgence climatique, il est essentiel de mener des actions en amont pour réduire notre impact sur l'environnement, préserver les ressources et adopter des activités économiques compatibles avec les capacités de régénération de l'écosystème » - William Vidal, PDG d'Ecocert.



=== A lire sur la compensation carbone et la séquestration du carbone ===

CO2, dioxyde de carbone - Conférence de Bali - Effet de serre - Kyoto


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