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Géo-ingénierie

Géo-ingénierie

Un article de Encyclo-ecolo.com.


Le terme de géo-ingénierie rassemble les projets scientifiques à portée mondiale dont l’objectif est de modifier intentionnellement et de manière artificielle le climat pour enrayer le réchauffement climatique.


Sommaire

Les 3 grands principes de la géo-ingénierie

Les projets de géo-ingénierie sur lesquels planche la communauté scientifique autour du monde s’articule autour de 2 grandes actions :

- extraire le CO2 de l’atmosphère et le stocker ;

- refroidir la planète en détournant les rayons su soleil

Capter le CO2

Il s’agirait de stocker en sous-sol le CO2 généré par les activités industrielles.

Exemples de projets :

  • capter l’air via des arbres artificiels ou des machines à aspiration de carbone pour supprimer les gaz à effet de serre ;
  • utiliser du biochar ou biocharbon, c’est-à-dire un charbon produit à partir de la biomasse que l’on incorpore dans le sol afin qu’il capture le carbone ;
  • stocker le carbone en sous-sol (nappes aquifères, mines de charbon, roches poreuses…). On parle de 12 000 milliards de tonnes de CO2 ;
  • produire de la bio-énergie à partir des stocks de carbone ;
  • mettre en place des cultures d’algues industrielles pour capter le CO2 et fabriquer des biocarburants.

    Refroidir l’atmosphère

    Le principe consiste en l’injection d’aérosols de soufre dans la stratosphère afin d’augmenter l’albédo de la Terre. Il s’agit là en effet de reproduire une éruption volcanique : le soufre forme une sorte d’écran qui diminue l’énergie solaire pénétrant dans l’atmosphère et baissant par là même la température.

    Autre exemple : développer la masse nuageuse à l’aide de bateaux automatisés aspirant l’eau de mer et la projetant dans les airs.

    Limiter le rayonnement solaire

    Les scientifiques se penchant sur ce type de projets, comme aux Etats-Unis par exemple, envisagent un système composé de miroirs chargés d’intercepter et de réfléchir les rayons du soleil pour qu’ils n’atteignent pas la surface de la Terre.

    La carte mondiale de la géo-ingénierie

    La carte ci-dessous publiée par ETC Group (Erosion Technology and Concentration Group) présente un état des lieux des projets de géo-ingénierie. Elle met en relief les 3 zones les plus actives en termes de géo-ingénierie, en rouge : l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Australie. worldofgeoengineering_fullsize.jpg

    Source : etcgroup.org

    La géo-ingénierie : un débat sulfureux

    Les projets de géo-ingénierie secouent la communauté scientifique et divisent.

    D’un côté, les fervents défenseurs qui estiment que la seule manière de résoudre la crise écologique réside dans la manipulation du système écologique lui-même et de l’autre, ceux qui dénoncent le cataclysme potentiel qui pourrait résulter de tels projets, dont on ne peut mesurer les effets secondaires. Le coût exorbitant est souvent mentionné dans les discours anti géo-ingénierie.

    Dans une interview accordée au Wall Street Journal, Jamais Cascio, futurologue et écologiste convaincu, expliquait :

    “Si nous voulons éviter un désastre climatique, il va falloir que nous adoptions une action plus directe. Nous devons commencer à penser à refroidir la planète.

    Ce concept est appelé géo-ingénierie et au cours des années précédentes, il est passé du statut d’idée marginale à celui de sujet de débats intenses dans les coulisses du pouvoir. Nombreux sont ceux qui, parmi nous, ont suivi ce sujet de très près et sont passés du statut de sceptiques à celui de partisans. Des partisans méfiants, mais des partisans tout de même. (…)

    Soyons clairs : la géo-ingénierie ne résoudra pas le réchauffement global. Ce n’est pas une “solution technique”. Elle pourrait s’avérer très risquée et amènerait certainement de nombreuses conséquences imprévues et problématiques. (…) Mais la géo-ingénierie pourrait aussi ralentir la montée des températures, repousser l’avènement de points de non-retour comme la fonte catastrophique des glaces du pôle et pour laisser à nos économies et nos sociétés le temps d’effectuer les transformations nécessaires pour mettre fin au désastre climatique.”

    Si une partie de la communauté scientifique considère la géo-ingénierie comme une réponse nécessaire aux changements climatiques catastrophiques que subit la planète, d’autres doutent de l’efficacité de tels projets, et craignent même des effets secondaires aux conséquences irréversibles. Les détracteurs soulèvent aussi un questionnement éthique…

    Face aux échecs des sommets environnementaux comme le dernier en date Rio+20, la géo-ingénierie apparaît ainsi comme un plan B envisageable mais extrêmement risqué.



    En octobre 2011 au Royaume-Uni il y a eu une expérience de géo-ingénierie avec l’expérience controversée SPICE, qui avait pour objectif de tester le matériel visant à injecter des particules aérosols dans la stratosphère comme un moyen de refroidir la planète artificiellement. Le projet SPICE (Injection de Particules Stratosphériques pour l’Ingénierie du Climat) implique quatre universités, trois conseils de recherche, plusieurs ministères ainsi que l’entreprise privée Marshall Aerospace.

    La géoingénierie dangereuse

    C'est la conclusion de plusieurs études britanniques récentes.

    Matthew Watson de l'Université de Bristol, qui a piloté ces études sur l'impact global des techniques de geoengineering, les émissions de gaz à effet de serre en hausse continue vont changer le climat de manière "sévère, étendue et irréversible". Essayer de contenir les conséquences de ce changement est un des objectifs de différentes technique de géoingénierie mais il s'avère qu'elles pourraient bien avoir des effets aggravants sur la situation.

    Une des techniques majeures qui consiste à refléter la lumière du soleil pour la renvoyer dans l'espace, pourrait bien avoir des "conséquences terrifiantes, dont des inondations et des sécheresses ainsi que des conflits majeurs". La géoingénierie a clairement "de réels dangers mais la recherche sur comment influencer le climat doit continuer, on n'a tout simplement pas le choix".

    Concrètement, des milliards de personnes pourraient bien être durement affectées si par des moyens technologiques on tentait de bloquer la lumière du soleil. La technique de capture et de stockage du carbone pour l'enlever de l'atmosphère serait moins risquée. Mais elle prendrait également des dizaines d'années de plus à installer et pour avoir un effet visible.

    Matthew Watson en tire la conclusion suivante : “We are sleepwalking to a disaster with climate change. Cutting emissions is undoubtedly the thing we should be focusing on but it seems to be failing. Although geoengineering is terrifying to many people, and I include myself in this, [its feasibility and safety] are questions that have to be answered.”

    Watson avait été le pilote du projet Stratospheric Particle Injection for Climate Engineering (Spice) qui a été abandonné en 2012. Ce projet avait pour ambition de diffuser des particule de sulfate depuis un ballon dans l'atmosphère. Le projet a été abandonné "mais il faudra bien qu'on finisse par aller le tester en conditions réelles" conclue-t-il "Il y a des choses qu'on ne peut réellement pas simuler en labo".

    Pour le Professeur Steve Rayner de l'Université d'Oxford, qui a été le patron du projet Climate Geoengineering Governance , "nos études ont démontré que le geoengineering n'est ni une baguette magique ni une boite de Pandore". Il explique pourquoi ces approches pourraient être la cause de conflit : imaginez que l'Inde aient dispersé dans l'atmosphère des particules pour déclencher des pluies deux années avant que le Pakistan ne connaissent des inondations catastrophiques, comme cela s'est produit récemment. Pensez-vous que le Pakistan n'accuserait pas les Indiens d'avoir déréglé le climat et d'être la cause de leurs inondations, et qu'un pays victime ne réclamerait pas de dédommagements à un autre ?

    Les chercheurs ont étudié les conséquences de deux techniques de manipulation climatiques (gestion de la radiation solaire et capture du CO2) et ont conclu que de 25 à 65% de la population mondiale seraient affectés par ces inondations ou sécheresses plus sévères.

    Le Professeur Piers Forster de l'Univesité de l'Université de leeds a comparé les conséquences de 6 techniques de geoengeneering : toutes ont bien pour effet de refroidir l'atmosphère mais ont des conséquences négatives sur une partie importante de la population mondiale.

    Il existe plusieurs techniques :

    • simuler l'action d'un volcan en diffusant des particules de sultate dans la stratosphère pour bloquer les rayons solaires : conséquences négatives sur 2,8 milliards de personnes
    • diffuser de l'eau salée au-dessus des océans pour blanchir les nuages bas et refléter la lumière solaire ; 3 milliards de personnes négativement affectées
    • affiner les cirrus de haute altitude pour aider plus de chaleur à s'échapper de la Terre : 2,4 milliards de personnes affectées
    • couvrir tous les déserts d'une fine pellicule de matériau réfléchissant : 4,1 milliards de personnes touchées
    • générer des micro-bulles à la surface des océans pour la blanchir et mieux renvoyer la lumière du soleil : 2 milliards de personnes affectées
    • faire pousser des cultures plus lumineuses : impact négatif sur 1,4 milliard de personnes

    Il existe une nouvelle technique mise en avant dans le rapport du GIEC signé par 194 gouvernements : une technique dont le rapport souligne le grand potentiel. Il s'agit de la technique appelée Bioenergy carbon capture and storage (BECCS) qui consiste à retirer du CO2 de l'atmosphère. Elle implique de brûler des plantes et des arbres (qui poussent en stockant du CO2) dans des centrales énergétiques afin de capturer le CO2 que leur combustion libère, pour ensuite enterrer et stocker ce carbone.

    L'inconvénient de cette technique de BECCS est qu'elle nécessite de brûler une énorme quantité d'arbres et de bois pour être efficace. Leur culture sur de vastes superficies pourrait bien avoir un impact négatif sur la superficie agricole disponible et donc affecter notre sécurité alimentaire globale. Ainsi, à ce jour, le coût des techniques de géoingénierie paraît toujours bien supérieur à ce que coûte la politique qui consiste à diminuer les émissions de carbone à la source.


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